Le bon départ de l’or en septembre ?

Dans le dernier suivi du mois d’avril, je m’attendais à recevoir un dernier signal d’achat par les CoTs d’ici la fin du mois d’août, conjointement avec la formation d’un dernier creux autour de $900. Le prix de l’or a effectué le mouvement attendu (poursuite de la consolidation latérale avec soutien de la moyenne mobile à 65 semaines), mais le signal d’achat par les CoTs ne nous est pas parvenu. Au contraire, les commerciaux ont massivement augmenté leurs positions vendeuses net, comme au mois d’août de l’année dernière.

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Sachant ce qui s’est passé ensuite, nous pourrions voir le cours de l’or faire un dernier pic de baisse, durant lequel les commerciaux en profiteraient pour prendre leurs bénéfices (ce qui enverrait un signal d’achat sur notre indicateur). La différence est que cette fois, nous n’avons pas les 3 banques américaines qui occupent la majorité des positions vendeuses net chez les commerciaux, et que, de ce fait, le risque est moins élevé que l’année dernière. En août 2008, la concentration de trois banques américaines (dont HSBC et JP Morgan) parmi ces postions vendeuses net trahissait très probablement l’anticipation par des initiés de ce qui allait se passer ensuite (faillite de Lehman Brothers, « deleveraging », liquidation des matières premières,…).

Quoiqu’il en soit, je pense qu’il faut désormais envisager un second scénario pour l’or, même si mon analyse du marché penche pour une nouvelle impulsion de hausse imminente sur l’or.

Scénario 1 (je donne 60% de probabilités) : le mouvement de hausse actuel sur l’or se poursuit et la cassure des $1030 ouvre la voie à $1250 minimum, comme anticipé dans le dernier suivi du mois d’avril.

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Scénario 2 (je donne 40% de probabilités) : l’or ne parvient pas à se hisser au-dessus de $1030 et rechute avec les marchés boursiers cet automne. Objectif la moyenne mobile à 65 semaines, vers les $888, voire un peu plus bas en cas de nouvel épisode de « deleveraging » conduisant à une panique sur les marchés. La consolidation serait plus longue, mais conduirait, plus tard, à une impulsion de hausse plus puissante.

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Tant que le prix de l’or reste au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 50 jours, la probabilité du scénario 1 reste plus élevée que la probabilité du scénario 2. Et ceci, autant en dollars qu’en euros.

En effet, la moyenne mobile exponentielle à 50 jours (MMexp50j) est le support clé pour toute impulsion de hausse en phase 2 du marché haussier sur l’or. Rappelons que la phase 2 est celle où le marché haussier de l’or est visible dans toutes les monnaies, et durant laquelle les institutionnels commencent à entrer dans le marché, mais sans la participation du grand public.

Impulsion de hausse 2005-2006 et support par la MMexp50j

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Impulsion de hausse 2007-2008 et support par la MMexp50j

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On observe que de légers débordements au-dessous de la moyenne mobile sont tolérés tant que la clôture de séance ne défonce pas la moyenne mobile plus de 1,5%.

Ainsi, le 1er juin 2006, le cours de l’or défonçait la MMexp50j de 3% en termes d’euros et signalait la fin de l’impulsion de hausse. Le 19 mars 2008, le cours de l’or défonçait la MMexp50j de 3,2% en termes d’euros et signalait la fin de l’impulsion de hausse. La cassure était confirmée le lendemain en termes de dollars.

Notons que les deux impulsions de hausse précédentes ont débuté autour du 1er septembre, et étaient espacées de deux ans. Si l’historique se répète, nous serions, avec une précision et une régularité étonnante, au tout début de la 3ème impulsion de hausse, et elle pourrait durer jusqu’au printemps 2010.

Ci-dessous, les graphiques du prix de l’or en dollars et en euros, avec la MMexp50j en bleu.

En dollars, l’impulsion de hausse semble s’amorcer, tandis qu’en euros nous n’avons pas encore de confirmation. Un dernier contact avec la MM325jours (l’équivalent de la MM65sem) n’est pas exclu et pourrait envoyer le signal d’achat sur les CoTs que nous attendions. C’est la raison pour laquelle je garde 40% de probabilités pour le scénario 2. A mesure que le support par la MMexp50j sera validé, les probabilités pour le scénario 2 diminueront en conséquence.

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Avez vous déjà réfléchi à ce que signifie acheter des SICAV actions dans une optique long terme ?

stocks_stock_market-400x300Jusque dans les années 2000 il était facile de trouver nombres de fonds gérés par des hommes et des femmes de qualité.

Depuis ces années là, la dictature du client et du marketing a poussé les banques à faire gérer ces fonds par le marché.

Les deux années clés qui ont transformé sournoisement l’industrie de la gestion sont 1999 et 2002.

D’abord 1999 avec la plus forte hausse annuelle de l’histoire des marchés financiers sur les actions avec presque 50% en une année. Les autorités de tutelle ont commencé à recevoir de nombreuses plaintes clients car les clients n’avaient pas obtenu ce gain historique sur leur portefeuille mais bien moins que cela.

Qui était donc ces gérants qui n’étaient pas capable de gagner plus que l’indice ou au moins autant dans une année aussi facile ou la bourse n’a fait que monter ?

Sans parler des très nombreux fonds uniquement placés sur un seul type de produit (par exemple le technologie tout le monde s’en rappelle) qui eux étaient parvenus à faire beaucoup mieux, alors pourquoi pas leur gérant ?

Puis il y a eu 2002. Suite à la crise du 11 septembre 2001 et le dégonflement de la trop fameuse bulle technologique sur fond de ralentissement de la croissance (après une surchauffe) le marché a connu l’une de se pires performances annuelles de l’histoire.

Les plaintes aux autorités ont repris de plus belle pour mettre en cause ces gérants incapables dans la hausse de faire mieux mais qui sans problème ont fait pire dans la baisse.

Les industriels de la gestion se sont retrouvés pris entre ces plaintes clients et ces départs de clients mécontents déçus de leur produit. Il faut d’ailleurs noter que les clients ne partent pas en nombre au pire de la crise mais quelques temps plus tard quand ils commencent un peu à se refaire.

Ces industriels ont eu alors une réponse miracle : enlevons la responsabilité de la performance aux gestionnaires et faisons là porter aux clients.

D’un coté, ils ont demandé à leurs gérants de suivre au plus prêt des indices de références (taux, actions europe, action chine, matière première etc) puis ils ont multiplié à l’infini ces produits là et ils ont formé leur réseau commercial à vendre cette gamme de produits.

Aujourd’hui, si vous perdez de l’argent et que vous allez voir votre conseiller on vous dira que vous avez choisi le mauvais support et qu’on vous avez bien dit qu’il y avait des risques à suivre celui là. Mais heureusement pour vous, il y a tellement d’autres choix, qu’il vous suffit de faire le bon pour l’année prochaine.

Fini la culpabilité du gérant (d’ailleurs, cela fait combien de temps que vous n’avez plus entendu parler de gérant star ou du fond x ou y qui a battu tous les autres ?), fini le départ du client pour la concurrence, vive le contrôle du client et la responsabilisation du client !!!

Cette transformation est passée inaperçue aux yeux du public. Elle a été malheureusement possible pour deux raisons : la concentration du métier au main d’une poignée d’acteur de plus en plus énorme, la prise en main des autorités de contrôle par ces mêmes acteurs (la commission des opérations de bourse qui regroupait des agents de change est devenu l’Amf ou siègent des banquiers).

Le problème de ce nouveau schéma, c’est qu’un gérant a déjà du mal à être un expert dans son domaine alors comment est ce possible qu’on en soit arrivé à un tel extrême ou le client devient le seul responsable de ces actes ?

Outre le fait que la menace brandit par ceux qui ont porté plainte s’est retournée contre eux, le véritable coupable à mon avis est qu’on a érigé en règle absolue « que la bourse monte toujours à long terme et que c’est le meilleur produit de rendement ».

Malheureusement, l’histoire a toujours eu un grand pouvoir de persuasion mais c’est un très mauvais indicateur de prévision.

On a toujours la sensation que ce qu’on a vécu va se continuer mais pourtant on dit bien que l’histoire ne se répète pas.

De plus, ce sentiment a été exacerbé par cette période d’euphorie extraordinaire que nous avons vécu dans les années 80 et 90.

Une croissance économique soutenue pendant la plus longue période de toute l’histoire, des crises rares et de faible amplitude vite oubliée, un profit de cette situation à tous les niveaux économiques et sociaux (certes dans des proportions très diverses).

Cette période unique dans l’histoire du monde et plus encore de l’ère moderne a créé une euphorie et un optimisme qui a fait oublié à tout le monde que cette période était justement unique.

Loin de moi l’idée d’argumenter ou de contester que cette ère est bien terminée ou le contraire.

Ma conviction c’est qu’on a vécu un moment extra ordinaire, éloigné de toute normalité ou moyenne historique et que plus une situation exceptionnelle dure dans le temps, plus il est évident qu’on se rapproche de sa fin et plus encore qu’elle ne se reproduira pas.

Pendant toute cette période là, il est évident que la bourse était le meilleur investissement et qu’il suffisait d’investir et de conserver ces investissements pour gagner de l’argent après 5, 10 ou 20 ans.

Le parcours des bourses mondiales au 21éme siècle montre que cette idée est pour le moment révolu.

Avec le vif rebond des bourses mondiales depuis leur plus bas, à nouveau, le même argument commercial ressort chez nos industriels :

« Il suffit de voir la preuve, si on a acheté au plus bas, le portefeuille aurait déjà fait +50 % !!! Je vous l’avais dit, la bourse c’est le produit le plus rentable sur le long terme. »

Mais si on remonte dans le temps la réalité est plus sombre : sur les 2 dernières années, 5 dernières années, 10 dernières années et même 15 dernières années sur nombres de titre, la bourse (les actions en tout cas) perd de l’argent. Sur certaine période, elle en perd même encore beaucoup.

Ces industriels ne vous donneront qu’un seul conseil : un patrimoine doit être équilibré, vous devez répartir vos risques sur plusieurs actifs mais surtout achetez les chez moi.

Je le répète je ne sais pas si cette période est définitivement révolu ou non. Ce que je sais, c’est qu’à titre personnel j’ai depuis longtemps décidé de prendre mes investissements en main et que la diversification je veux la choisir, je n’ai pas envie que ce soit le marché qui me l’impose.

Il est évident que vous vous attendez à ce que je vous vende ma sauce en vous disant, « chez BestCFD.com, on peut travailler à la hausse ou à la baisse, on peut acheter des actions, des devises ou des matières premières et en plus ce n’est pas cher… »

Il faut être lucide : le trading ne concerne que quelques personnes passionnées par le trading. Au mieux, on pense que 5000 comptes sont vraiment actifs en day trading en France. Et encore.

Les industriels de la gestion s’adressent eux à tous les autres, des millions et même des dizaines de millions d’occidentaux.

La suite sur la manière que j’ai choisi pour diversifier mon patrimoine dans un prochain édito…

Les banques centrales vendront moins d’or

clip_image002Les banques centrales européennes vendront moins d’or ! Tandis que la Chine et la Russie sont déterminées à en acheter davantage…

Gestion des stocks d’or des banques centrales

L’accord 3 sur l’or des banques centrales (Central Bank Gold Agreement), qui limite les ventes d’or annuelles des banques centrales, vient d’être renouvelé pour 5 ans, avec un quota qui passe de 500t à 400t par année. Il débutera le 27 septembre 2009 et concerne les habituelles banques signataires (19 banques centrales dont la Banque Centrale Européenne) sauf le FMI.

En cette dernière année des accords 2 sur l’or, les ventes n’atteindront probablement pas 150t, alors qu’il leur était possible d’en vendre 500t jusqu’au 27 septembre 2009 ! Une nouvelle tendance baissière est ainsi amorcée.

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Nous voyons, dans le tableau ci-dessus, les variations des stocks d’or (en tonnes) de différentes banques centrales européennes, de 1999 à 2009 (deuxième trimestre). Les plus fortes baisses annuelles de stocks apparaissent en rouge, et représentent une baisse de plus de 15% du stock d’or de la banque centrale. La baisse totale sur la période est indiquée en rouge, tout à droite. Le stock d’or de la Banque Nationale Suisse a ainsi fondu de 60%, et celui de la Banque de France de 19%.

L’Italie, en conservant tout son stock d’or, se voit attribuer la meilleure performance de toutes les banques centrales, car chaque vente d’or, même la plus petite, s’est soldée par une perte vis-à-vis du prix actuel de l’or. La Suisse, qui s’est débarrassée de 1550t d’or entre 2000 et 2008, affiche ainsi un manque à gagner de $24 milliards, relativement à une vente qui aurait été réalisée à prix de $900 l’once !

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L’or compte aujourd’hui pour seulement 10% des réserves des banques centrales dans le monde, contre près de 70% dans les années 40 et 50 ! De plus, 80% de tout cet or se retrouve dans les coffres de seulement10 banques centrales. Selon le FMI, 51 pays n’ont même pas du tout de réserves en or.

Depuis 2003, la Chine a augmenté ses réserves en or de 76% (de 600t à 1054t), et elle en détient à présent autant que la Suisse. Pourtant, ces 1054t représentent seulement 1,6% de ses réserves. Si la Chine voulait atteindre la moyenne internationale de 10% de réserves en or, il lui faudrait acheter encore 5’613t d’or!

Si le Japon, la Chine, la Russie, Taiwan, l’Inde et Singapour voulaient augmenter la part de l’or à 10% de leurs réserves, il faudrait qu’ils achètent collectivement 12’799t d’or, ce qui représente 6 années de production minière mondiale !

La Russie montre aussi la voie, et a laissé entendre qu’elle voulait progressivement augmenter ses réserves en or, pour les faire passer à 10% du total. Actuellement, elle ne détient que 4% de ses réserves en or (495,9t).

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Le retour des faillites d’entreprises

Après y avoir réfléchi, je crois que le débat macro économique sur l’avenir est mal posé…

Nous sommes en pleine guerre idéologique sur l’inflation, la déflation, le retour de la croissance ou l’arrivée d’une dépression économique majeure. Au milieu trônent les banques centrales, les autorités monétaires de toutes sortes et les politiciens dont le principal job est de maintenir la cohérence sociale et le système en l’état, quitte à mentir au-delà du pensable, à maquiller les données et faire de grosses pressions sur les médias pour contrôler du mieux qu’ils peuvent la psychologie des foules (ce qui en soit, est loin d’être répréhensible, car l’anarchie reste un scénario pire à celui du capitalisme démocratique).

Entre les données économiques et les autorités, existent les marchés financiers, accusés de tous les maux, coupables bien pratiques offrant une solution facile pour canaliser la vindicte populaire.

Bref, tout le système tourne avec des fondamentaux malsains et peut être nécessaires encore une fois, si on se place du point de vue de la cohésion sociale des pays.

Anticiper l’avenir économique dans ces conditions relève donc de la roulette russe.

Donc pour moi, la seule chose sur laquelle je peux me permettre d’avoir une forte conviction, c’est la réalité des faillites des PME. La macro économie manipulée peut raconter tout et son contraire, les marchés financiers peuvent grimper ou s’écrouler, sans que cela ait le moindre sens, la seule certitude est qu’une activité économique qui se dégrade, entraîne des faillites d’entreprises.

Je crois que 2010 va nous faire apparaître une forte hausse de cet indicateur. Et là, les Etats n’y pourront rien.
Je continue donc à penser dans le domaine patrimonial qu’il faut rester cash à 100% (sauf pour les fermes solaires à 20% de rendements, voire le site www.objectifsolaire ou les hedge funds quantitatifs dans le secteur du trading directionnel) pour disposer d’une totale liberté au moment où les entreprises imprudentes vont commencer à tomber pour des problèmes de trésorerie.

On annonce une hausse de 20% des faillites en 2009. Cela reste à mon sens faible par rapport à ce qu’il est possible d’anticiper à l’avenir en 2010 et 2011.

Prenons l’indicateur du taux de défaillance des prêts immobiliers commerciaux et résidentiels aux USA, pilier historique de la crise.

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Comme vous pouvez le constater, les choses ne s’améliorent pas. Si on part du principe que la demande ne reviendra plus aux mêmes niveaux précédents, les pertes vont s’accumuler de partout. L’immobilier commercial américain pèse très lourd et s’additionnera aux pertes sur les particuliers.

Les banques ne distribueront plus du crédit comme dans les années 2000 avant plusieurs années. Elles sont assises sur un trop gros stocks de crédits défectueux. L’argent de la relance est stocké et elles pompent des bénéfices artificiels au détriment de l’ensemble des épargnants mondiaux. En effet, au-delà de bénéficier du soutien des Etats, il ne faut pas oublier que les taux à 1% sur le marché monétaire permettent de dégager d’énormes marges dans les différentes activités, marges qui servent à couvrir les pertes immobilières.

Donc qui payent ? D’une part, les Etats, en conséquence les contribuables et les épargnants qui disposent de cash qui ne rapporte pas grand-chose.

Je le dis en rigolant à mon entourage, mais franchement, le meilleur métier au monde est celui de banquier. Si j’avais les moyens d’acheter une banque non plombée par les erreurs passées, je foncerais tête baissée !

La crise est presque oubliée

Voici une série de graphiques sur le sentiment des opérateurs en cette rentrée de septembre.

Le ted-spread (source : Bloomberg) est de retour à ses étiages de 2007, comme si rien ne s’était passé et que les banques se faisaient de nouveau totalement confiance entre elles :

tedspread0909Le spread entre les obligations Aaa et Baa est aussi de retour à des niveaux bas, identiques à ceux de la fin 2007-début 2008. Les opérateurs sont ici aussi très confiants, puisqu’ils semblent estimer que le risque de défaillance des obligations à risques (Baa) n’est pas plus élevé aujourd’hui qu’à la fin 2007.

spread0709Le VIX n’est quand à lui pas encore de retour aux étiages exceptionnels de 2007. Mais il a touché au mois d’août un support oblique de long terme, qui peut là aussi indiquer un niveau de confiance très élevé compte tenu du contexte actuel.

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Le même constat peut être fait sur le marché français (indice VCAC) :

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Le bull-bear spread, à 31,8% est lui aussi proche des sommets moyens des années 2006-début 2008 (35%) :bbspread0909Le put/call ratio (courbe verte) a retouché ses plus bas de 2007 :

equityPCR0909Le nova/ursa enfin a marqué au début août un pic qui n’avait pas été observé depuis la fin 2007 (un nouveau pic étant cependant possible).

Tous ces éléments montrent une chose : le niveau d’optimisme des investisseurs est revenu à des sommets proches de ceux observés avant la crise. Si on considère que cette crise n’est pas terminée (hypothèse défendue et développée dans ce blog), alors cela signifie que le rebond en cours depuis mars 2009 est soit déjà terminé, soit très proche de sa fin.

Voici le décompte elliott associé pour le CAC, avec deux options : un décompte noir baissier immédiat, et un décompte rouge comportant une prolongation de la vague C qui nous amènerait un peu au dessus de 3800 points.

Il est impossible pour le moment de départager ces deux décomptes, le décompte baissier noir étant quand même légèrement favori vu la saisonnalité (septembre est traditionnellement baissier), et surtout le nombre d’indicateurs de sentiment de marché déjà à des niveaux de sommet.

Comme arguments en faveur du décompte rouge par contre, nous avons le fait que le VIX soit déjà proche de 30 alors que les marchés n’ont que peu corrigé pour le moment, et la résistance curieuse de l’or (qui semble sortir d’un triangle de consolidation pour démarrer une nouvelle poussée haussière) et de l’euro.

CAC0909Le seuil clé à retenir pour que le décompte rouge soit invalidé est 3400 sur le CAC et surtout 980 sur le SP500 (indice qui dirige les autres). Si ces 980 sont cassés, il n’y aura plus qu’à attendre un petit rebond (1.2 du décompte noir) pour passer short sur les indices dans le cadre du début d’une nouvelle grande séquence baissière,  qui gagnerait alors beaucoup en probabilité. Sur ce graphique du CAC, seule les vague 1.1 à 1.5 de cette séquence baissière sont représentées, la totalité de la séquence ayant pour objectif minimal la cassure des plus bas de 2003.

Tant que ces 980 ne seront pas cassés, il vaudra mieux être prudent et attendre (pour ceux qui ne sont pas déjà en position).

Pour ceux qui sont investis sur les marchés actions enfin, il est à mon avis vivement conseillé de les alléger fortement ou de les solder, sauf cas très particuliers, le potentiel restant étant très limité à la hausse, et le risque à la baisse étant au contraire très grand vu les sentiments de marchés anormalement optimistes compte tenu du contexte économique réel.

Bourse et sexe

moneySavez vous quel est le point commun entre : un pompier, un parachutiste, un astronaute, un pilote de Formule 1, et un trader ?

Bourse et sexe … oui … oui, vous avez bien lu le titre !

Mais, si vous pensez trouver ici un clin d’œil salace et baveux sur le sujet, passez votre chemin immédiatement.

Je pense que vous trouverez plus de compensations à vos pulsions en tapant votre adresse internet secrète et préférée; un truc du genre : www.caressesensuelle.com …

De la grivoiserie ici, que non pas ! De la science, de la culture, du sourire, de la poésie, Môssieur, et rien que cela !

Savez vous quel est le point commun entre : un pompier, un parachutiste, un astronaute, un pilote de Formule 1, et un trader ?

La réponse est adamantine : ils font des métiers à risque.

Et, les femmes aiment les hommes qui prennent des risques.

Toutes les études, sans exception aucune, et je le déplore, convergent en la matière.

Les femmes préfèrent généralement les profils d’individus dont il émane un éther d’aventure, de risque, de courage, de piquant, et d’incertitude.

Une étude récente montre que les hommes prennent plus de risques lorsque des femmes sont présentes.

C’est l’effet « petit coq » : un sursaut d’arrogance masculine qui fait esquisser un doux sourire aux filles possédant un certain recul …

Ces études montrent aussi que la quantité de risque prise par les hommes est directement proportionnelle au nombre d’éléments représentatifs de la gente féminine … bref, à plus il y a de femmes en présence, à plus les hommes font les marioles.

Ainsi, le mythique agent secret James Bond, sportif de l’extrême, pilote hors pair, combattant tous terrains, classe et efficace … qui s’affiche au casino entrain de jouer à la roulette est-il, à l’insu de nos consciences, le stéréotype d’un aphrodisiaque puissant pour la gente féminine … de même qu’un bel instrument de projection pour les hommes !

Pourquoi donc cette attirance ?

La réponse est élémentaire : les hommes cherchent à prouver leur valeur, leur agilité, leur capacité à affronter le danger pour gagner les faveurs des dames.

D’ailleurs, notre ami James Bond (Bund, vous avez dit Junk Bund ?), qu’il soit interprété par Pierce, Timothy, Sean, Roger, Daniel, ne finit-il pas systématiquement la soirée de jeu au casino avec une coupe de champagne à sa droite, et une beauté très significative à sa gauche, tous trois dérivant dans un lit si spécial, qu’il est d’une largeur supérieure à sa longueur !

Dans cette optique, il apparaît clairement que la prise de risque est un critère de sélection sexuelle. On nomme ce trait : « motivation copulatoire ».

Le monde de la bourse est truffé d’anecdotes liées au sexe, à l’argent, et au risque.

Sheryl Weinstein, la maîtresse de Bernard Madoff, révèle dans un livre sorti récemment, que Bernie était affecté d’un micro pénis, et que cela n’empêchait pas l’intrigante de finir comblée dans la ouate d’un ailleurs plus léger.

Certaines mauvaises langues affirment qu’à défaut d’une batte de base ball entre les jambes, les plus grands traders et argentiers de ce monde, par dépit, se contenteraient d’une belle voiture rouge Italienne, ou d’un poste de président de directoire.

Quelques uns d’entre vous connaissent certainement le nom dont s’affublaient les traders de Salomon Brothers Bank … « les big swinging dicks », ce qui se traduit par « grosses bites tournantes ».

Ces prétentieux se décapitèrent la tête mutuellement avec leurs appendices qu’ils prenaient pour des palles d’hélicoptères. Aucun n’a survécu !

Il y a quelques années de cela, des amis trentenaires qui travaillaient sur les marchés financiers Parisiens s’affublaient du prétentieux sobriquet : « les grosses couilles » … formule magique qu’ils déclamaient les yeux pétillants comme ceux des Geeks qui viennent de terminer l’installation de la 14 ème et dernière extension du jeu « World of Warcraft ».

L’ouvrage récent, « Confessions d’un trader », rédigé par le mystérieux Crésus, possède en toile de fond le thème « sexo-financier ».

La trame exploite autant la crise des subprimes, qu’une relation forte entre le cadre dirigeant d’une banque Française, et une call-girl de luxe internationale.

Le livre culte « American Psycho » de Breat Easton Ellis, dont on a tiré le film du même nom, est une furie psychédélique qui amalgame trading, finance, sexe, meurtre, violence, cruauté et agressivité dans une histoire à vous statufier, et qui possède peu de comparables en intensité.

« American Psycho » est à la fiction financière ce que « Le silence des agneaux » et « Fight club » sont au thriller … avec effet levier 110, et sous cocaïne bien entendu.

Le fameux investisseur Warren Buffet s’essaye lui aussi à la métaphore « bourso-sexuelle » quant il dit : « Plus jeune, je me sentais comme un type excité sur une île déserte … je ne trouvais rien à acheter ».

Plus tard, le même Warren Buffet affirmera, sans le savoir, une vérité physiologique humaine d’une profondeur qui le dépasse totalement.

Il confie : « Certains lisent Playboy … et moi je lis des rapports annuels de sociétés».

En fait, il y a un lien très étroit entre l’œil, le trading, et la sexualité.

Au stade d’observation le plus élémentaire, pour un day trader, un cours de bourse en intraday qui se décale possède des analogies qui ne sont pas sans évoquer la galipette.

L’unité de temps, dite « au tick », met en exergue une courbe qui frétille continûment.

Ca monte, puis ça descend. Je vais dans le zig, je file dans le zag. Un coup dans le dur, un coup dans le mou.

Et, tout se passe comme Serge Gainsbourg le chantait dans le morceau « Love on the beat » … je vais et je viens … entre tes reins … je vais et je viens … et je me retiens … de ne pas couper mes positions; cela va de soi !

Scientifiquement parlant, une grande partie connue du cerveau, au moins 30% est impliquée, de manière plus ou moins marquée, dans le traitement visuel.

Tandis que l’influx nerveux transite de l’œil vers diverses régions reculées de l’encéphale, il traverse à un stade précoce un amas de cellules nommées : Aire pré-optique .

Cette structure est principalement impliquée dans les comportements sexuels.

Plus cette zone est stimulée, plus il y a intensification du désir d’activité sexuelle.

Le lien vision-sexualité est plus particulièrement marqué chez les hommes, car ceux ci se trouvent, de surcroît, sous l’influence dominante de l’hormone male : la testostérone.

Chez le sujet masculin normal, le désir sexuel passe par la vue.

Chez le sujet féminin, le désir passe un peu par la vue, et surtout tout un ensemble de facteurs d’ambiance.

A ce stade, on peut voir la sexualité de l’homme comme un produit archaïque de celle de la femme … qu’on se le dise !

Tout trader, tout intermédiaire financier doit bien garder à l’esprit que la testostérone est l’hormone de l’agressivité et de la prise de risque, et par voie de conséquence de la tension nerveuse.

Or, un fait reste patent : le sexe était, est, sera toujours le mode de dé-stressage, le plus immédiat, le plus simple, et le moins coûteux … pas étonnant donc qu’il fasse partie intégrante des pensées des traders.

Les intervenants sur les marchés financiers n’ont que très rarement conscience du fait que leur corps baigne en continu dans une soupe d’acides aux effets énergétiques, sexuels … mais épuisant et destructeurs pour toutes les autres fonctions de la machinerie humaine.

Les hommes produisent de la testostérone en grande quantité par le biais des testicules, tandis que les femmes, chose moins connue du grand public, en produisent aussi par le biais des ovaires.

Cependant, le rapport de production de testostérone entre l’homme et la femme est d’un facteur d’environ 50 !

Les rares études portant sur les femmes travaillant au sein de la finance, nous indiquent que celles-ci possèdent une concentration en testostérone 10 fois supérieure à celle de leurs homologues féminines des autres corps de métier.

Des études récentes, portant sur un panel complet d’hommes et de femmes, montrent que plus la concentration en testostérone est élevée, plus les individus deviennent impulsifs et orientés sur le court terme … Encore une caractéristique de day trader, et de spéculateur compulsif, non !

En fait, la conjonction entre une excitation anormale des aires visuelles, un stress intense répété, et des taux d’hormones très élevés, semblent plaider en faveur d’une hyper sexualité des métiers au sein de la finance spéculative.

Le mythe n’en serait donc pas un !

Cependant, et comme le diraient les guignols de l’info, le nanard sévèrement burné de la finance, est aussi celui qui, par cupidité, folie, et prise de risque insensée pourrait bien faire mettre un genou à terre aux établissements financiers les plus robustes.

Afin d’éviter ces désagréments, les banques mettent en œuvre des systèmes de plus en plus complexes.

L’ère actuelle est à la conception de procédures labyrinthiques, coûteuses, lourdes, ingérables, et incontrôlables.

Ces règles nouvelles se retrouveront donc, in fine, inutilisables donc inutiles … la prochaine crise nous le démontrera.

Pourtant, il existe une solution simple, belle, et véritable.

Elle est là. Personne n’en veut : on l’écarte, on la nie, on l’ignore.

Pourtant, des voix s’élèvent « Deus ecce Deus !» (Le Dieu, voici le Dieu !).

Mais, le monde entier reste sourd à l’incantation !

Cette source des profits futurs, qui, certes ne seront pas très spectaculaires, mais constants, sans anomalie, sans volatilité excessive, personne ne veut la regarder droit dans les yeux.

Peut être de peur de finir pétrifié en statue de pierre comme sous le regard magique des gorgones ?

Ce trader de la nouvelle vague, je vais enfin vous le présenter.

Il n’est pas aliéné par une batterie d’hormones malfaisantes, ni par des émotions incontrôlables, pas plus que par une structure mentale grégaire.

Souvent, il est doux, simple, rieur, honnête, et laborieux.

L’homme nouveau du trading, le poète nous le présentait en musique voilà 40 ans :

Le poète a toujours raison,

Qui voit plus haut que l’horizon,

Et le futur est son royau … aume,

Face aux vieilles malédictions,

Je déclare avec Aragon,

LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME

(Jean Ferrat – 1975)

Le point sur la bulle du crédit

La dette publique US

L’endettement de l’état US, après une petite pause en décembre 2008 et janvier 2009 a repris sa course en avant, avec une augmentation de 613 milliards de $ en seulement 3 mois (du 31/01/09 au 30/4/09). En un an, les deux plans de fuite en avant (Bush/Paulson et Obama/geitner) ont provoqué une hausse de la dette publique nette de plus de 1730 milliards de $ (+33% sur un an).

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Le ratio dette publique nette / PIB (état fédéral seul) est passé de 36,5% à 49%. Il reste encore modéré comparé à celui d’autres pays, et les USA ont encore une marge de manœuvre avant que les investisseurs ne se montrent effrayés. Mais aux niveaux actuels de croissance de la dette publique, nous serons à 75-80% dans deux ans (plus si le PIB continue à reculer de façon importante), auxquels il faudra ajouter la dette des autres collectivités (15 à 20%). A ce moment, nous approcherons ou dépasserons les 100%, et la marge de manœuvre risque alors d’être inexistante.

Malgré cette débauche d’interventionnisme de l’état (réalisée sur le dos des jeunes générations et des ménages de tous âges restés raisonnables, censés payer le mode de vie des plus inconscients), les résultats observables sont très réduits en terme de relance du crédit (le « graal » des adeptes de la fuite en avant).

La dette globale

La statistique H8 de la FED (crédit bancaire total) montre que le crédit a beaucoup de mal à poursuivre son ascension précédente depuis environ 1 an. Le plan Bush/Paulson avait provoqué un rebond temporaire en septembre-octobre 2008, mais depuis le crédit total s’effrite de nouveau (même si on observe un nouveau rebond dans la dernière sortie de la statistique, sans doute les premiers effets du plan Obama).

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Le crédit à la consommation continue de baisser, mars 2009 ayant même été le mois où ce crédit a le plus baissé depuis 1990.
Le crédit revolving connaît quand a lui sa première baisse sur un an depuis le début de la statistique (1968).

La bulle sur les dérivés de crédit (CDS) poursuit son implosion, les montants notionnels étant passés de plus de 62 trillions à 38,6 trillions fin 2008 (liens et graphique disponibles à la fin de cet article du blog suddendebt).

Le changement de comportement des ménages se confirme chaque mois un peu plus : le taux d’épargne se maintient au dessus de 4% pour les trois premiers mois de 2009. Cela reste bien en dessous de la normale historique, mais c’est aussi bien au dessus de ce qu’on avait observé dans les années 2000 avant la crise : Les ménages commencent à redécouvrir la nécessité d’épargner, ce qui signifie moins de consommation et moins de crédit. Et les plans Bush, Obama ou autres ne parviennent pas à enrayer cela, tout simplement parce que cette nouvelle tendance est provoquée par une changement de grande ampleur de psychologie des foules.

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La situation en Europe

En Europe, où l’interventionnisme des états et la fuite en avant dans les déficits sont un peu moins virulents qu’aux USA, la dette suit une évolution plus naturelle : la contraction du crédit en place depuis octobre 2008 se maintient selon les dernières données de la BCE (mars 2009), comme le montre ce tableau (source : bank of spain, milliards d’€) :

Oct 2008 Mar. 2009 Variation (en rythme annualisé)
Prêts (total) 18431,8 17909,4

-6,80%

Institutions financières 6595,9

6123,5

-17,19%
Sociétés non financières 4816,2 4846,9 1,53%
ménages

4925,2

4880,5 -2,18%

Le recul est particulièrement marqué en ce qui concerne les institutions financières.

Monnaie, banque centrale et étalon Or

lingots_or_469_300_7770bCurieusement, parmi les commentateurs et analystes de la presse mainstream, la crise financière que nous vivons ne soulève aucune question sur la viabilité du système monétaire international. Pourtant, nombre d’économistes, essentiellement des autrichiens, posent clairement la question de la viabilité du système monétaire tel qu’issu du jour funeste de 1971 ou l’administration de Richard Nixon décida de supprimer la convertibilité du dollar en or. C’est un raccourci, bien sûr. Les défauts de notre système monétaire étaient antérieurs, mais je ne prétends pas en refaire l’histoire ici.

En contrepartie, beaucoup de libertariens voudraient imputer la crise aux seuls défauts du système bancaire actuel. « The FED did it, period ! ». J’ai eu l’occasion de critiquer cette approche bien trop simpliste selon moi, sans une ancienne note consacrée à la politique monétaire d’Alan Greenspan.

Mais je n’en concluais pas moins que Greenspan avait accentué la crise. Voyons maintenant pourquoi une monnaie non planifiée, obéissant à des mécanismes de marché, aurait empêché la bulle immobilière de prendre de telles proportions, d’une part, et pourquoi une monnaie déconnectée de tout actif et gérée de façon centralisée par des banques centrales favorise l’apparition de désordres économiques.

Fiat Money

Nous vivons actuellement sous un système de monnaie dite fiduciaire, « Fiat Money », c’est à dire basée sur la confiance. Confiance dans le fait que lorsqu’une certaine quantité d’argent circule, cela suppose qu’à l’origine de cette circulation, des biens dont la valeur de marché est à peu près égale à cette quantité aient été produits. Si la quantité de monnaie en circulation augmente un peu (ou beaucoup) plus vite que la quantité d’échanges permise par la production réelle des agents économique capable de trouver preneur, alors il y a inflation: les prix de certains articles augmentent du fait du surcroît de monnaie disponible pour se porter sur l’achat de ces produits. Par des mécanismes divers, la banque centrale tente de faire en sorte que la masse monétaire augmente à peu près au même rythme que la production: la masse monétaire est pilotée de façon centralisée. Les banques centrales sont censées être indépendantes des pouvoirs politiques. Elles n’en sont pas moins des monopoles garantis par l’état. Quiconque oserait émettre des monnaies concurrentes serait impitoyablement pourchassé, soit comme contrefacteur, soit comme faux-monnayeur.

Nous avons tous peu ou prou perdu de vue la façon dont pourrait fonctionner un marché libre de la monnaie. Attardons nous un peu sur ce fonctionnement, de façon ultra simplifiée, pour faire court.

Le cycle de la monnaie et du crédit dans un marché monétaire libre

Mises et Hayek furent les principaux défenseurs d’une monnaie libre de toute influence des régulateurs publics. Voici un résumé de leur modélisation du cycle de la monnaie et du crédit dans un marché libre, de fait parfois appelé « cycle autrichien ».

Imaginons une société dans laquelle le stock de monnaie disponible serait à peu près stable (nous verrons comment ultérieurement). Dans cette société, les banques n’auraient pas la possibilité de créer ex-nihilo une monnaie de crédit pour alimenter le compte d’un individu ou d’une entreprise.

Dans un tel système, l’existence du crédit est liée à la propension des agents économiques à vouloir prêter de l’argent à des tiers. Si les agents économiques veulent consommer peu, et donc épargner beaucoup, alors beaucoup de monnaie se présente aux guichets des établissements de crédit. Pour pouvoir la prêter, les prêteurs, ou plus généralement les intermédiaires gérant les opérations de prêt (les « banques »), doivent en baisser le prix. Les taux d’intérêts tendent à baisser. Des entreprises sont alors prêtes à investir pour découvrir les produits nouveaux, ou meilleurs, ou moins chers, qui ramèneront les consommateurs dans les magasins.

Lorsque ces produits sortent, la propension à vouloir consommer augmente, aidée par la baisse des taux d’intérêts qui permet aussi d’alimenter le crédit à la consommation. De fait, l’épargne prête à s’investir diminue. Les taux tendent à augmenter. Les entreprises investissent un peu moins: cela tombe bien, les clients sont dans une phase où ils sont plutôt satisfaits du choix qui est le leur.

Puis, sous le double effet de la satiété et de l’augmentation de la rémunération de l’épargne, les agents économiques se remettent à épargner. Et le cycle peut recommencer.

Dans un tel système, on voit que le cycle du crédit est parfaitement équilibré: lorsque les individus tendent à privilégier la consommation, l’incitation à l’investissement est réduite, et lorsque les individus sont en attente d’évolution des offres, l’incitation à l’investissement est augmentée.

Naturellement, dans le monde réel, le cycle peut connaître des à-coups. Et la tendance haussière ou baissière des taux n’est pas uniforme mais est la résultante de micro-tendances propres à chaque secteur d’activité, à des « trends » de consommations différents entre bassins d’emploi, styles de vie, etc… L’envie de consommation de produits électroniques et de voyage peut être forte alors que l’envie d’automobiles est moins importante, et vice versa.

Le taux d’intérêt ainsi déterminé sur un marché libre est le résultat de millions de décisions individuelles qui s’inscrivent dans autant de « micro-cycles » qui, assemblées, créent une tendance générale. Il permet de donner un signal assez clair aux investisseurs sur l’opportunité ou non d’investir, mais évidemment, il n’évite pas l’obligation, pour l’investisseur, d’étudier son marché pour savoir si le temps est au renouvellement massif du parc automobile ou au développement de l’immobilier…

Dans ce cycle, la banque prêteuse n’a qu’une seule ressource, la monnaie épargnée par ses clients: l’épargne précède le crédit ! Elle détermine à la fois le taux de rémunération de l’épargne (à son passif) et le taux du crédit (à son actif) par la nécessité à la fois d’attirer des clients épargnants, ce qui détermine un « cout de sa ressource », et de trouver des emprunteurs, ce qui détermine un rendement des emplois. La banque fait ses affaires à la fois en facturant ses services (mise à disposition d’instrument de paiements) et en réussissant à payer plus cher qu’elle n’épargne. Le taux d’intérêt consenti à l’emprunteur comprend donc les éléments suivants :

  1. Le coût de la ressource : rémunération de l’épargne. C’est évidemment le principal poste de prix de revient de la banque.
  2. Le coût de son intermédiation dans les opérations de crédit : « marge d’intermédiation ». Elle doit conserver cette marge aussi faible que possible, concurrence oblige.
  3. Le coût d’assurance: si un prêteur ne rembourse pas sa dette, la banque se retrouve dans une situation difficile. Elle doit donc d’une part bien sélectionner à qui elle prête, mais aussi faire payer à tous ses clients emprunteurs un surcroît de taux destiné à couvrir le risque de défaillance d’une petite partie d’entre eux. Elle doit donc rechercher le bon équilibre entre risque pris en prêtant, et expansion de son volume d’affaires, pour maintenir ce coût d’assurance à des niveaux acceptables. Ce coût est généralement fonction des caractéristiques de l’emprunteur et du prêt.
  4. Une petite marge bénéficiaire, parce qu’il faut bien rémunérer les investisseurs propriétaires de la banque. Sinon, qui voudrait se lancer dans un business pareil, je vous le demande ?

L’état, facteur de désordre

Admettons maintenant que l’état décide d’adopter un système centralisé où des banques centrales pilotent elles mêmes la quantité de crédit octroyés, donc la quantité de monnaie en circulation. Laissons de côté, pour l’instant, la lancinante question du « pourquoi ».

A certaines périodes, malgré sa légendaire « indépendance », la banque centrale, sous la pression combinée de l’opinion publique, de la presse et des politiques, parce qu’elle est dirigée par des humains, pas des robots, décide d’abaisser arbitrairement le coût de la ressource octroyée aux banques, en amenant au passif de ces dernières de la « monnaie centrale » à prix cassé, nettement plus faible que le coût attendu de la rémunération de l’épargne tel qu’un marché libre l’aurait déterminé.

La banque peut alors augmenter son volume d’affaires en baissant son taux octroyé au client final. Elle peut donc émettre plus de crédit qu’elle n’aurait émis dans un système de monnaie de marché: bon pour les bénéfices, les bonus du patron, et le moral !

Mais ce faisant, elle détruit l’harmonie du cycle autrichien de la monnaie. Les entreprises sont incitées à investir plus qu’ils ne l’auraient fait si le taux de marché avait prévalu. De même, les taux bas poussent les ménages à s’endetter pour consommer plus qu’ils ne l’auraient fait si le taux avait été fixé par le marché.

Par conséquent, alors que dans le cycle autrichien, investissement et consommation obéissent à des cycles antagonistes favorisant un certain équilibre, l’introduction d’une distorsion à la baisse du prix de l’argent pousse à la fois l’investissement et la consommation à la hausse en même temps.

« Et alors, me direz vous, il n’y a pas de risque de pénurie de monnaie dans un tel système ! Puisque la banque centrale peut créer la monnaie ex-nihilo, pourquoi ne pas baisser le taux d’intérêt auxquels les agents économiques peuvent emprunter, pour pousser à la fois la consommation et l’investissement ? »

La monnaie sans la ressource

Ce raisonnement à très court terme est celui qui nous est servi par tous les apôtres des politiques de relance par les taux d’intérêt. Il n’a qu’un seul très gros inconvénient: s’il est possible de multiplier la monnaie, il est absolument impossible de multiplier les ressources que la monnaie permet d’acheter ! En augmentant artificiellement la quantité de monnaie accessible à la fois au consommateur et à l’investisseur, la relance par des taux artificiellement bas ne fait qu’exacerber la compétition pour s’approprier les ressources les plus courues, et favorise donc l’émergence soit d’une inflation des prix à la consommation, soit l’apparition de bulles inflationnistes sur certaines catégories de produits: facteurs de production ou actifs divers.

L’entrepreneur qui a cru faire une affaire en empruntant à un taux massacré s’aperçoit que les ressources nécessaires pour produire les fruits de son investissement tendent à augmenter, et que des investissements qu’il croyait rentables sont de fait de mauvais choix. L’acheteur de maison qui a cru pouvoir s’endetter pour acheter une maison à un prix en forte hausse se retrouve avec un bien fortement dévalué. Et ainsi de suite.

Dans ce système, l’émission de monnaie peut avoir lieu sans que l’épargne correspondante ait été accumulée, et la manipulation des taux facilite les mauvaises décisions d’investissement, ou la consommation de biens produits inefficacement à des prix trop élevés. Seul problème: dans ce cas, tôt ou tard, la valeur créée par les entreprises sera insuffisante pour permettre aux agents économiques de rembourser à la banque ce qu’ils doivent : ces périodes sont celles de l’éclatement des bulles, qui peuvent, comme nous le voyons, déboucher sur des crises graves.

Bref, vous l’avez compris, le système est fortement propice à la formation de bulles inflationnistes procurant un sentiment de richesse artificielle, alternant avec de forts retours de bâton. L’on a cru longtemps pouvoir avec ce système garantir une inflation stable à +/-2% ad vitam eternam, avec une croissance moyenne de l’ordre de 2 à 3%. La crise actuelle montre que cette prétention est totalement illusoire : notre système financier a amplement démontré sa dangereuse instabilité.

La crise actuelle dans un système de monnaie de marché

Comme je l’ai déjà écrit, dit et redit, les mécanismes de marché, si on les avait laissé s’exprimer, nous auraient protégé de la crise. La monnaie de marché, et donc le crédit de marché, nous auraient sans peine permis d’éviter de traverser la crise actuelle. En effet, plus la demande des ménages pour emprunter des sommes importantes pour acheter des maisons aurait été forte, et plus les taux d’intérêts auraient réagi rapidement à la hausse, alors même qu’Alan Greenspan a attendu 3 ans pour réagir aux bulles en formation entre 2002 et 2005. Cela aurait fortement limité la possibilité, pour les banques comme pour les géants du refinancement Fannie Mae et Freddie Mac, de financer leurs montages bancaires bancals destinés à faire croire que l’on pouvait considérer comme parfaitement sûrs des pools de prêts octroyés à des ménages peu solvables sous la pression du pouvoir politique !

Bref, une monnaie de marché nous aurait protégé des dérives du pouvoir central et des défauts des outils créés par les banques pour s’accommoder de ces dérives.

Pourquoi les états aiment les banques centrales et la monnaie fiduciaire ?

Nous comprenons pourquoi les banques aiment les banques centrales: parce qu’elles leur permettent d’augmenter artificiellement leur volume d’affaires et leurs marges, ce qui est bon pour les revenus de leurs cadres dirigeants.

Ajoutons que la crise actuelle montre combien la FED et la BCE jouent un rôle majeur dans le sauvetage des mauvaises banques, et donc dans la perpétuation de l’irresponsabilité de leurs dirigeants, en acceptant de prêter de l’argent aux banques en échange d’actifs de plus en plus douteux. Ainsi, les banques centrales sont devenues le pilier majeur de ce que l’on appelle « l’aléa moral », c’est à dire la faculté, pour des dirigeants de banques non actionnaires de leurs établissements, de privilégier des stratégies de gain à court terme bonnes pour leurs bonus, sans se préoccuper excessivement des risques que ces attitudes font courir à leurs actionnaires et à l’économie en général.

Mais pourquoi les états aiment tant les banques centrales et la monnaie fiduciaire ?

Les premières banques centrales furent crées de façon totalement dépendante du pouvoir central, car celui ci peut imprimer de la monnaie, et les gouvernements y voyaient un moyen commode de financer ainsi leurs aventures, notamment militaires. Ainsi, par exemple, la banque de France fut créée par le Consul Bonaparte. Mais évidemment, un tel manque de sérieux aboutissait immanquablement à ruiner la monnaie du pays se livrant à de telles pratiques.

Aujourd’hui, la plupart des banques centrales des pays sérieusement gérés sont dites « indépendantes », ce qui donne confiance aux investisseurs dans la solidité de la monnaie. Cela n’empêche pas les états d’y trouver leur compte. Parce que les états ont pris la mauvaise habitude de financer leur embonpoint non par l’impôt, car pratiquer une telle vérité des prix de l’action publique serait très impopulaire, mais par l’emprunt, elles chérissent un système où, au nom de la « croissance », un tiers acteur peut artificiellement baisser le coût de l’argent, permettant aux états de s’endetter à meilleur compte que si le taux d’intérêt était strictement fixé par un marché libre. Si les états empruntent trop dans un tel marché, ils forcent à la hausse les taux d’intérêt, et s’obligent bien vite à revenir à plus de discipline budgétaire… Avec la banque centrale, un arrangement permettant de continuer sur la voie de l’irresponsabilité budgétaire est toujours envisageable.

Malheureusement, cet espoir d’un arrangement avec les banques centrales fournit aux états un « aléa moral » de premier ordre. Les états n’hésitent pas à s’endetter à des niveaux stratosphériques, car ils espèrent que même s’ils rencontrent des difficultés pour souscrire leurs emprunts — l’épargnant finit par être méfiant… –, ils pourront toujours demander gentiment à la banque centrale de racheter leur dette par création monétaire, créant une hyperinflation qui réduira artificiellement la dette des états… et spoliera de facto tous ceux qui leur ont prêter de l’argent.

Malheureusement, une inflation renforcée, parce qu’elle est à la fois forte et imprévisible, rend très difficile l’investissement à long terme: emprunter à des taux élevés interdit les emprunts de long terme, et l’incertitude sur la valeur réelle des gains futurs rend les entrepreneurs frileux. Voilà pourquoi l’on peut dire que les états financent leur croissance actuel aux dépens de la prospérité future de leur population.

Une monnaie de marché: l’étalon or

Nous voyons que le problème de la monnaie fiduciaire est que ce système n’est pas « autodiscipliné ». Certes, si les banquiers centraux pouvaient rester à la fois totalement indépendants des pressions du pouvoir, et identifier toutes les bulles en formation, si leur détermination à maintenir la valeur de la monnaie qu’ils gèrent était certaine (après tout, ce n’est pas la leur), et si les formules magiques leur permettant de calculer « le bon taux » étaient garanties exactes 100% du temps, l’on pourrait à la rigueur s’accomoder d’un tel système. Mais vous l’avez compris: cela fait trop de « si ». La discipline de la banque centrale pour fixer « le bon prix de la monnaie » repose non pas sur un libre marché des taux d’intérêt, mais sur la science et la sagesse de gourous dont on ne sait que trop qu’ils sont, hélas, faillibles pour de multiples raisons. En outre, en période de crise, la sacro-sainte indépendance de la banque centrale risque littéralement de voler en éclat.

Au contraire, ce que j’ai jusqu’ici appelé « une monnaie de marché » semble bien mieux conçue en vue d’accompagner les cycles de consommation et d’investissement propres à tout système d’échanges économiques, et pour mettre une barrière à l’inconséquence budgétaire des états. Comment une telle monnaie de marché pourrait elle fonctionner ? Inutile d’aller chercher bien loin: longtemps, l’étalon or a joué ce rôle de monnaie de marché. Peut être existe-t-il d’autres dispositifs à inventer qui tiendraient la même fonction, mais jusqu’ici, seul l’étalon or (et, d’une façon générale, les étalons-métaux précieux) a prouvé sa faisabilité.

La monnaie actuelle est déconnectée de tout actif. Or, jusqu’au début du XXème siècle, la base de nombreuses monnaies était l’or. Autrement dit, pour tout billet d’une certaine valeur faciale, un possesseur de monnaie pouvait se faire remettre une quantité d’or équivalente. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Pour bien comprendre la monnaie basée sur l’or, il faut la considérer comme une marchandise parmi d’autres. De même que le pain sert à nous nourrir et la voiture à nous déplacer, la monnaie est une marchandise qui a une fonction bien particulière : fluidifier le troc, qui sans cela serait impraticable à grande échelle.

Il faut noter que ce n’est pas la seule fonction de l’or: il est utilisé abondamment en joaillerie depuis la nuit des temps, et plus marginalement dans les connections électroniques. L’idée d’utiliser l’or comme outil de fluidification du troc ne serait sans doute jamais venue aux marchands des temps jadis si l’or n’avait pas déjà été en circulation pour ses qualités propres.

Le prix de l’or, exprimé en marchandises, augmente quand la demande relative d’or par rapport aux autres marchandises diminue (par exemple, lorsque la quantité d’or circulant sur le marché augmente moins vite que la quantité des autres marchandises échangeables produites). Cela veut donc dire que pour une même quantité d’or, vous pouvez obtenir plus de marchandises: les prix tendent à baisser. Au contraire, si l’offre d’or augmente plus vite que l’offre des autres marchandises, le prix de ces dernières monte.

les banques sont donc limitées, dans leur capacité d’émettre du crédit, par la quantité d’or disponible sur le marché, et par la part qu’ils ont en réserve. Cette limitation est évidemment extrêmement contraignante, et peut aboutir à ce que les prix de marché des marchandises baisse. Ce n’est d’ailleurs pas réellement un problème: les prix, aux USA, au XIXème siècle, ont baissé de 37%. Cela n’a pas empêché les USA de connaître une croissance économique tout à fait remarquable à cette époque, du fait du développement technologique qui a touché le monde à cette époque: révolution du machinisme, révolution des transports… Voilà pour ceux qui prétendent que l’étalon or est inadapté à nos sociétés de forte croissance !

Lorsque l’on a compris que l’or n’est qu’un utilitaire d’évaluation de la valeur relative des autres marchandises les unes par rapport aux autres, alors l’on comprend que ce n’est pas la quantité d’or qui fait croitre l’économie, mais au contraire la quantité des autres productions échangeables rapportée au nombre d’individus profitant des processus d’échange, autrement dit, le génie et la productivité humaines.

Pourquoi l’étalon Or fut abandonné, « officiellement » ?

L’étalon or n’est pas un système parfait. Tout d’abord, il n’empêche pas certains entrepreneurs de prendre de mauvaises décisions, et de faire faillite. Il n’empêche pas qu’une banque puisse faire faillite. Si, pour quelque raison que ce soit, l’offre d’or, à un instant donné, croît trop lentement, alors les taux d’intérêts peuvent augmenter de façon non coordonnée avec les cycles de l’investissement et de la consommation. Mais alors le prix de l’or tend à augmenter, ce qui incite les explorateurs à se montrer plus efficients, et tout rentre dans l’ordre assez vite.

D’autre part, si la baisse des prix exprimés en or est plus rapide que les gains de productivité à une époque donnée, le manque de flexibilité « à la baisse » des agents économiques se paie cache en terme de faillites: le XIXème siècle a lui aussi connu des crises. Mais celles ci ont été pour la plupart courtes, car les états étaient alors, en pourcentage des produits intérieurs bruts, liliputiens, et n’intervenaient guère sur les cycles économiques… Excepté, pour certains d’entre eux, déjà, sur les banques.

La raison officielle de l’abandon progressif de l’étalon or, notamment aux USA, était que l’instauration de banques centrales comme prêteurs de dernier ressort allaient « stabiliser le système bancaire et éviter les faillites d’établissements de dépôt qui ruinent les épargnants ». Les travaux de recherche de chercheurs tels que Randall Krozner ont montré que l’objectif affiché n’avait pas été atteint et que les faillites bancaires s’étaient poursuivi à un rythme plus soutenu après la création des banques centrales qu’avant.

Mais la véritable raison de l’abandon progressif des monnaies se rapprochant de monnaies de marché, comme en Europe, est bien évidemment l’imminence de conflit de mondiaux dont les états craignaient ne pas pouvoir assurer le financement s’ils ne pouvaient pas imprimer eux mêmes leurs billets. Quant aux banques, nous avons vu que nombre d’entre elles ont vu dans cette création un effet d’aubaine remarquable, au point que certains auteurs affirment que la loi créant la FED fut en fait rédigée au cours d’un dîner entre banquiers. J’ignore si cette affirmation est vraie, mais il est exacte que la FED, institution privée à statut très particulier, fut une création conjointe de l’état US et de grands banquiers.

A la fin de la WWII, il fut décidé que les monnaies flotteraient autour du dollar, celui ci restant convertible. En 1971, l’état américain, embourbé dans l’aventure vietnamienne, incapable de faire face à ses dettes et ses obligations de conversion, décide de dévaluer sa monnaie en supprimant sa convertibilité en or. Nous noterons sans surprise que c’est à partir de 1973 que l’état Français s’est mis à accumuler les déficits abyssaux presque sans discontinuer.

Aujourd’hui, point de guerre en prévision, mais les états se sont habitués à l’indiscipline permise par l’émission excessive de monnaie fiduciaire, qui permet une combinaison de taux bas et d’endettement stratosphérique. Au point de menacer la stabilité du système économique dans son ensemble.

Conclusion

Une monnaie dont le coût aurait obéi à de stricts principes de marché nous aurait protégé efficacement des excès d’intervention du politique dans l’octroi du crédit bancaire, la gestion du bilan des banques, les politiques de restriction foncières, et autres facteurs ayant lourdement contribué à former la bulle de crédit sans création de valeur qui est en train d’exploser.

En outre, avec une telle monnaie, cela fait longtemps que les états les moins bien gérés auraient dû rétablir des situations budgétaires plus saines.

Bref, une monnaie de marché n’empêcherait pas les agents économiques, au premier rang desquels l’état, de faire de mauvais choix, mais elle rendrait plus difficile la continuation de ces mauvais choix sur de longues périodes, évitant les crises graves.

Il parait donc urgent que nos élites du G20 et d’ailleurs examinent le retour aussi rapide que possible à un système monétaire mondial fondé sur des monnaies de marché, et donc sans doute sur l’étalon or, plutôt que d’envisager une « super-supervision » du système financier mondial qui ne fera qu’augmenter l’incapacité des régulateurs à prendre en compte les bons paramètres issus de milliards de décisions individuelles pour prendre les bonnes décisions au bon moment.

La fin de la crise en été 2012 ?

Nous savons que l’origine des problèmes économiques actuels est à chercher dans les dysfonctionnements du marché du crédit.

Si on observe la quantité de crédit qui va arriver à échéance dans les années à venir, peut être que cela permettra d’avoir un diagnostic réaliste du timing de sortie de crise.

Voici un graphique passionnant que je suis tous les mois.

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2010 et 2011 sont, comme vous pouvez le constater, les deux années où la crise financière sera la plus intense. 2008 et 2009 ont été un petit hors d’œuvre. Nous allons attaquer d’ici une douzaine de mois le plat de résistance…

En revanche, dès mars 2012, la pression sur le cœur bancaire malade va s’alléger.

J’en tire trois conclusions.

  1. Les marchés boursiers risquent de faire un point bas définitif six mois avant le feu d’artifice qui interviendra en janvier 2012, donc en 2011.
  2. Il est clair qu’une fois l’été 2012 dépassé, le gros des risques bancaires sera absorbé par le système. Il n’y aura alors plus de freins majeurs à une reprise économique, hormis le krach démographique des baby boomers qui va saper en douceur toute la décennie qui arrive dans les pays occidentaux concernés.
  3. 2009 restera inerte « entre deux eaux ».

Le point sur la tendance de l’or et de l’argent

L’or a rejoint la MM65 semaines. Je garde toujours l’automne 2009 comme départ le plus probable pour une nouvelle grande avancée, car les dégâts techniques produits en automne 2008 nécessitent à mon avis une bonne année de consolidation pour établir une nouvelle base solide sur laquelle le prochain mouvement pourra s’appuyer.

Il est possible que nous oscillions à nouveau autour de la MM65sem, avec un point bas à $850, et que rien de déterminant ne se produise jusqu’à la fin de l’été. Le marché va tester les acheteurs, et ceux qui détiennent de grosses positions vendeuses vont probablement abandonner leurs contrats juste avant le début du prochain mouvement de hausse, ce qui devrait produire un nouveau signal d’achat par les CoTs (indiqué en vert sur le graphique), qui représente le pourcentage de commerciaux vendeurs net, proportionnellement à l’ensemble des contrats en circulation sur le COMEX.

Il faut bien comprendre que parmi les commerciaux du COMEX se trouvent les « banques voyous », comme JP Morgan et HSBC, occupées à freiner la hausse du prix de l’or, et que leur perception de la force des acheteurs va les convaincre de plier bagages et d’abandonner leurs positions vendeuses. Dès qu’ils sentiront qu’ils n’ont plus la main dans le marché, ils vont déboucler leurs positions. C’est donc leur départ qui va produire notre signal d’achat sur les CoTs et laisser la hausse du prix se produire, comme un ressort qui se détendrait après une compression.

Ma stratégie est donc de suivre de près le mouvement des commerciaux et d’attendre le prochain signal d’achat par les CoTs. C’est la stratégie la plus prudente et celle qui a fourni les meilleurs points d’entrée sur le marché de l’or.

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Dernier point d’entrée optimal sur le marché de l’or : 7 novembre 2008

Une autre stratégie de trading consiste à acheter à proximité de la moyenne mobile à 325 jours (MM325j équivalente de la MM65sem) et de vendre sitôt que le prix passe au-dessous. Cette stratégie fonctionnait parfaitement de 2001 à 2007, en délivrant régulièrement de nombreux signaux d’achat, sans signaler aucun signal de vente, mais aurait généré 4 signaux de vente en 2008, à cause de l’augmentation de la volatilité durant cette période.

Aujourd’hui la MM325jours se tient à $880 et ce niveau me semble idéal pour accumuler de l’or. Pour l’or en termes d’euros, la MM325jours se tient à 614 euros, mais je ne pense pas que nous descendrons aussi bas. Je pense plutôt que nous allons tester l’ancienne zone de résistance autour de 650 euros, et que cela nous donnera une bonne occasion pour nous renforcer !

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Quant à l’argent métal, il se trouve toujours dans un marché baissier, sous sa MM65sem. Le marché baissier actuel sur l’argent correspond à la correction de milieu de cycle sur l’ensemble des matières premières, et la fin de cette correction devrait correspondre avec l’entrée dans un nouveau cycle d’inflation, encore plus puissant que le premier. Un marché haussier sur les matières premières dure en moyenne 20 ans, et peut effectivement être interrompu en milieu de cycle par un marché baissier. Profitons du creux actuel pour nous positionner à bon compte sur le pétrole et sur d’autres matières premières stratégiques comme l’uranium.

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