De nombreux travaux en neurosciences montrent qu’au sein de cet amas de cellules gros comme une noix, on trouve : le centre de la peur ! Et, c’est la peur qui vous empêche d’appliquer correctement le corpus de règles que vous mettez au point.
La peur de perdre de l’argent est devenue une peur essentielle de la nature humaine. Elle est aussi sauvage que les plus ancestrales des émotions (se nourrir, se reproduire, avoir un toit …), et, nous allons le voir probablement la plus puissante, la plus pernicieuse.
Antonio Damasio, le directeur de l’institut pour l’étude neurologique de l’émotion et de la créativité de l’Université de Californie relevait dans son livre culte « The feeling of what happens » que : le stimulus peur du tigre a été remplacé au sein de l’encéphale des hommes modernes par … la peur de perdre de l’argent : tout simplement et rien que ça !
Dans le monde moderne, le gage de la survie dans le confort absolu, et surtout de la possibilité de transmettre son patrimoine génétique, ne sont plus liés à la force brutale, mais simplement à l’aptitude de se hisser au plus haut de l’échelle sociale et financière.
Lorsque vous tradez, vous êtes en situation de perdre votre mise. Alors, votre amygdale cérébrale s’affole, la peur vous étreint.
L’émotion engendrée par le réflexe de peur est le facteur dominant qui modifie profondément nos capacités analytiques … et qui mine toutes nos bonnes résolutions … comme celles de respecter 3 simples règles d’or, par exemple.
Même au sein des investisseurs dits experts, la peur est à l’œuvre. Ainsi, on note au début de chaque année boursière qu’environ 50% pensent que le marché pourrait s’effondrer d’un tiers, tandis que l’historique des indices montre que cela n’arrive que dans 5% des cas ! C’est le résultat de la peur à l’œuvre … à moins que ce ne soit l’œuvre de la peur ! La peur pulvérise nos facultés cognitives pour des raisons très précises. Ces raisons sont liées à notre évolution. La peur est l’émotion qui mobilisait nos ancêtres lorsqu’ils étaient confrontés à un danger vital. Un lion surgissait et il menaçait d’attaquer… il fallait fuir ! A cet instant précis, c’était la course effrénée pour trouver un abri qui commençait. Face au danger, il n’était pas question d’utiliser sa matière grise pour bâtir un bon plan … il fallait fuir … et se mettre à l’abri. Ainsi, lorsqu’il est sous l’emprise de la peur, le cerveau utilise naturellement des circuits inconscients et rapides qui court-circuitent les processus dédiés à la réflexion. Le puissant mais lent est remplacé par du rapide et inconscient.
La peur est un processus fulgurant qui possède des effets physiologiques ravageurs afin de préparer le corps à la fuite. Des hormones comme l’adrénaline et la cortisol se déversent comme des tsunamis dans nos veines.
Les conséquences physiques de la peur et de son bain d’hormones sont multiples : respiration qui augmente, rythme cardiaque qui accélère, pression sanguine qui grimpe, muscles sous tension, pupilles qui se dilatent … le corps est prêt à s’extraire violement du danger. La peur est l’émotion de la dernière chance … de la survie à tout prix.
Ainsi est constitué l’être humain : la peur de perdre l’argent expose nos organismes à un stress intense qui, outre le fait qu’il amoindrit nos facultés de réflexions, use par ailleurs à outrance nos organismes : la tuyauterie, les câbles, et les organes moteurs.
De cette explication rapide, vous devez retenir deux choses. Tout d’abord que, compte tenu du fait que le trader ne peut pas fuir, son organisme est rapidement une poubelle de résidus chimiques non usités qui étaient destinés à préparer le corps à la fuite. Et, comme la fuite n’est pas consommée, de nombreuses tensions musculaires apparaissent : douleurs à la mâchoire, points durs dans le dos, tendinites aux muscles de la main … Amis traders … attention, donc à votre santé physique et mentale.
Ensuite, souvenez-vous de mes 3 préceptes initiaux du trading : suivre la tendance, garder le sens de l’aventure, et profiter de l’effet rond dans l’eau. Ce corpus de règles, de part sa nature qui nécessite de faire un effort de réflexion, ne peut être appliqué tous les jours dès lors que la peur est présente. Et, il en va ainsi par tous les systèmes que vous pourriez inventer.
Pour ceux qui souhaitent gagner en bourse, il est donc indispensable, non pas d’inventer des systèmes d’intervention tarabiscotés, mais simplement de domestiquer efficacement la peur. Sans peur, avec des règles personnelles très simples, et avec de la rigueur dans leur application, il devient possible d’opérer sur les marchés … sans convictions aucunes … les gains seront au rendez vous.